vendredi 4 novembre 2011

L'histoire et l'évolution de la Silicon Valley

A l’origine, la Silicon Valley était une des régions les plus tolérantes des Etats-Unis


Heureusement, un espoir subsiste que la vie privée soit un jour mieux respectée par les entreprises de la région de San Francisco, car la « Valley » n’a pas toujours été aussi « liberticide ». Un esprit frondeur, voire libertaire a, au contraire, longtemps soufflé sur la baie de San Francisco, largement ouverte à l’immigration.


C’était une des régions les plus tolérantes des Etats-Unis. Avant de devenir le temple de l’informatique mondiale, elle fut dans les années cinquante, soixante et soixante-dix, le berceau de la culture beatnik, puis hippie. Toute culture, toute idée méritait alors d’être étudiée. Grâce à cette ouverture d’esprit et cette facilité d’échanges, ce qui allait devenir la Silicon Valley s’est radicalement transformée en quelques décennies. De terre agricole, elle est devenue la plus forte concentration au monde de firmes high-tech. On y recense quelque 10 000 sociétés spécialisées dans les micro-ordinateurs, les microprocesseurs, le multimédia.

C’est en 1939 que furent jetées les prémices de la Silicon Valley. Cette année-là, un professeur de l'université Stanford, située à Palo Alto, à mi-chemin de San Francisco et de San Jose, encourage deux de ses étudiants, William Hewlett et David Packard, à monter leur entreprise, qui deviendra HP (Hewlett-Packard). Leur premier client ? Les Studios Disney. Suivant leur exemple, de plus en plus d'ingénieurs se mettent à leur compte. En 1957, huit d'entre eux inventent le circuit intégré, une pastille de silicium qui supporte des diodes et des transistors. Aussitôt, les entreprises d'électronique se multiplient autour de Palo Alto et vont recruter leurs cadres jusqu'en Europe. Séduits par la beauté de la région et l'hédonisme ambiant, ils affluent par milliers.

Nouveau bond en avant en 1971, avec la mise au point, par Intel, du microprocesseur, un circuit intégré capable de se livrer à quelques calculs. En quelques années, toute la Vallée va se restructurer autour des micro-ordinateurs, des logiciels, des imprimantes, des disques durs…

La région a de nouveau la fièvre depuis la révolution Internet, dans la seconde moitié des années quatre-vingt-dix, qui a multiplié les opportunités commerciales. Annuaires électroniques, logiciels de dialogue, langages de programmation. Dès que quelqu'un, qu'il soit russe, français, américain ou belge, a une idée, il fonce ici monter son affaire. Rien de plus facile.

L'argent ? En 2010, plusieurs centaines de firmes de capital-risque ont investi plus de 9 milliards de dollars dans des «start-up» (jeunes sociétés)[i]. Les statuts ? Les cabinets d'avocats spécialisés, comme Wilson Sonsini Goodrich & Rosati, les rédigent en quelques heures. Les locaux ? Des immeubles de bureaux se construisent un peu partout. Les salariés ? Les universités de Berkeley et de Stanford fournissent des armées d'ingénieurs et de cadres, et si cela ne suffit pas, les entreprises vont recruter des développeurs au Brésil ou en Inde. Mais si la start-up se transforme en succès, elle est introduite en Bourse et tout le monde fait alors fortune, des fondateurs aux employés en passant par les venture capitalists.

Aujourd'hui, un des filons considérés comme le plus profitable est celui de l'exploitation des données, personnelles, commerciales ou administratives. «Avant le métier de la Vallée était de vendre du matériel informatique ou des logiciels, rappelle Ryan Calo, responsable du projet « Vie Privée des Consommateurs », à la faculté de droit de l’université Stanford. Aujourd’hui, la plupart des entreprises de la région sont sur Internet pour fournir du matériel, des logiciels ou de la « connectivité » au sens large, comme, par exemple, un réseau social ou un service de messagerie électronique ; autant d’occasions de récupérer des informations sur ses clients : la tendance est donc de continuer à vendre de l’informatique, mais aussi  de tirer profit des données ainsi collectées[ii]».

Pour certains experts, l’information est devenu un «pétrole gris», un « moyen décisif de compétitivité[iii] » pour les entreprises. Sa maîtrise pourrait avoir sur l'économie un impact aussi important que celui de «l'or noir», le pétrole. Apple, Facebook, Google sont en train d'asseoir leur succès - et leur fortune - sur ce fameux «pétrole gris».

Apple, Facebook, Google et Twitter nous proposent des « interfaces » - des ordinateurs, des téléphones, des logiciels…-  pour publier et rechercher de l'information, entre autres, sur Internet. Pour mettre en forme, vérifier et recouper les gigantesques quantités d’informations qu'elles moulinent, ces leaders s'appuient sur tout un réseau de fournisseurs locaux (Oracle, Informatica, Sense Networks…) qui proposent des logiciels appropriés. Et c’est ainsi qu’à leur tour, Apple, Facebook, Google ou Twitter, extraient des données que nous émettons ou recevons par leur intermédiaire, une mine de renseignements sur nous : nos centres d’intérêt, nos achats, notre mode de vie, bref, tout ce qui  nous touche.  Ce qui leur permet de mieux cerner nos besoins et de nous envoyer des publicités ciblées.


C’est ce que l’on appelle le micro-marketing. «La Silicon Valley a commencé par vendre du matériel, mais voilà déjà une quinzaine d’années qu’elle s’intéresse aux données de ses clients : regardez ce que font eBay ou Google, rappelle Augie Ray, analyste principal chez Forrester, un cabinet de conseils et d’études de marché américain spécialisé dans les nouvelles technologies[iv]. Le Web 2.0 implique de connecter les internautes entre eux. Mais cela coûte cher, car il faut d’énormes infrastructures pour stocker les informations que s’échangent les utilisateurs.


Pour couvrir ces frais, il faut trouver des sources de revenus comme la vente d’objets virtuels ou, surtout, la publicité.» «Il y eut une époque où la Valley vendait des produits : des logiciels, du matériel, reprend Randy Komisar[v], de chez Kleiner Perkins Caufield & Byers. Maintenant, nous sommes passés à un modèle d’audience, de média. Ce n’est plus une transaction entre deux parties – le vendeur et l’acheteur – mais entre trois parties : le site, l’internaute et l’annonceur.


Cela rend les données plus importantes : si je suis un site Internet, j’ai besoin de savoir beaucoup de choses sur vous afin de pouvoir monnayer ces informations auprès de l’annonceur qui paye la facture. Car, plus j’en sais sur vous et plus l’annonceur peut profiter de mon site pour vous afficher une publicité ciblée.» Les entreprises qui n’entrent pas tout à fait dans ce moule ont d’ailleurs plus de mal à convaincre les investisseurs : début 2011, près de 200 millions de personnes s’étaient inscrites sur Twitter, mais  malgré ce succès planétaire, le site de micro-blogging avait encore du mal à trouver son modèle économique, car il ne propose pas de système d’annonces vraiment original...

Entre Apple, Facebook et Google, tous les coups sont permis

Des microprocesseurs, la Vallée est donc passée au micro marketing : beaucoup de ses entreprises  en sont devenues spécialistes. Ce n’est pas par hasard si en mai 2010, Keith Weed, directeur marketing d’Unilever, un des plus gros annonceurs au monde, a emmené une trentaine de dirigeants de cette multinationale, spécialisés dans les produits de consommation courante, visiter les sociétés de la région[vi]. Les grands groupes ont d’ailleurs l’habitude de venir faire leurs emplettes ici, en investissant dans des start-up dont l’expertise pourra leur servir plus tard. Johnson & Johnson (produits pharmaceutiques, matériel médical, hygiène, santé) finance 23andMe, une entreprise de Mountain View, spécialisée dans les tests génétiques vendus sur Internet à visée médicale, co-fondée et présidée par Anne Wojcicki (par ailleurs, épouse de Sergey Brin, cofondateur de Google). Bizarrement, son grand rival, Procter & Gamble (produits d’hygiène et de beauté), soutient le principal concurrent de 23andMe, Navigenics, installée à Foster City.

La concentration de savoir-faire dans la Bay Area fait parfois peur. Jamais, un marché n'a été dominé par un aussi petit nombre d'entreprises et de personnes. «Les spécialistes qui créent ces interfaces, à qui nous déléguons la structuration de nos esprits, sont remarquablement peu nombreux - entre 10 000 et 100 000 ingénieurs et designers -, et peu diversifiés : ils travaillent en majorité à moins de 50 kilomètres de l'université Stanford», avertit Jean-Louis Constanza, président d'Orange Vallée[vii]. Au sein de cette petite communauté, toute bonne idée est rapidement adoptée, imitée ou adaptée.

Un débat sur le respect de la vie privée commence à s'y faire jour. Il n'a pour origine ni le législateur – toute initiative de ce genre est contrée par les lobbys des entreprises au niveau de l'état de Californie ou au niveau fédéral, à Washington – ni le consommateur (les habitants de la Vallée sont entièrement acquis à la cause de leurs employeurs). Il provient de quelques start-up qui veulent se tailler une part du gâteau du «pétrole gris». Pour se démarquer des géants Apple, Facebook et Google, elles proposent de nous affranchir de notre condition d’esclave et de nous rémunérer pour notre «travail».


En échange d'un libre accès à nos informations, Bynamite voudrait nous offrir des coupons de réduction, des échantillons, des essais gratuits… Le débat ne porte pas, comme en Europe, sur la protection de la vie privée. Tout le monde dans la Silicon Valley souhaite que les internautes dévoilent toujours plus d'information sur eux-mêmes ; ici, c'est une question de vie ou de mort économique : supprimer l'accès aux données personnelles entraînerait la disparition de la publicité ciblée et la faillite quasi-immédiate de Google ou Facebook. Au pays du capitalisme-roi, le débat porte sur la propriété (et donc le prix) de la vie privée !
Pendant ce temps, en France, les sénateurs voudraient promulguer une loi favorisant l'oubli numérique. Ce texte obligerait les acteurs du Web à offrir aux internautes la possibilité d'effacer toutes les traces qu'ils laissent sur le réseau et toutes les informations qu'ils y publient… On peut le regretter, mais la tendance, autour de San Francisco, n'ait pas à l'oubli. J'invite les auteurs de cette proposition de loi à se rendre dans la Bay Area ou à lire mon livre ! Les choses ont changé depuis qu’ils ont terminé leurs études universitaires.

Pour ma part, cela fait près de vingt-cinq ans que j'utilise à titre professionnel et personnel les nouvelles technologies. Et que je couvre ce secteur en tant que journaliste. Au début de ma carrière, dans les années quatre-vingt, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) protégeait efficacement les Français contre les recoupements de fichiers. Elle avait même été créée dans ce seul but, à la suite de la violente opposition soulevée par le projet Safari (un nom vraiment mal choisi, tant il évoquait la chasse à l'homme…) de l'Etat français, qui voulait pouvoir regrouper tous les fichiers administratifs portant sur tel ou tel citoyen.


Le téléphone mobile n'existait pas, Internet encore moins, la vidéo surveillance et le marketing direct n'en étaient qu'à leurs balbutiements. Le nom de Big Brother n'était cité que dans des revues littéraires pour intellectuels. Pratiquement seule la carte bancaire laissait des traces derrière nous : qui se souvient de ce député-maire qui avait commis un faux témoignage dans un scandale de corruption de footballeur impliquant le patron d'un grand club de foot (il est désormais interdit de citer les noms des protagonistes de cette affaire, digne des pieds nickelés) ? L'élu avait été confondu par le relevé de sa carte bancaire, réquisitionné par la justice : il avait affirmé avoir assisté à une conversation dans le bureau de ce grand patron, alors qu’il était sur l’autoroute. Son passage au péage, qu’il avait payé avec sa carte, prouvait le contraire !

Aujourd'hui, pour une enquête de ce type, la justice et la police iraient d’abord regarder sur Internet ce que le suspect faisait à l’heure dite. C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, un jeune cambrioleur s’est fait pincer à cause des réseaux sociaux : il n’avait pas résisté à la tentation de se prendre en photo à l’aide de l’ordinateur de ses victimes et à publier ce cliché sur leur compte Facebook[viii] ! Et en Grande-Bretagne, un homme aurait été pris en photo par Google Street View devant la caravane qu’il aurait volée[ix] !
Il s’agit désormais de protéger les internautes – et en particulier les jeunes générations – d’eux-mêmes. Cela ne passera pas, je le crains, par une législation française, ou même européenne. Cela ne sera possible que par l’éducation. C’est le but des conférences que je donne régulièrement un peu partout en France dans des établissements scolaires[x].


C’est également le but de mon livre qui décrit la façon dont trois entreprises de la Silicon Valley, Apple, Facebook et Google, s’affrontent pour s’emparer de nos données. La mère de toutes les batailles va se jouer entre ces trois mastodontes. Tous les coups sont permis : mi-mai 2011, Facebook a avoué avoir fait appel à un cabinet de relations publiques pour inciter des journalistes à dénoncer les risques que faisait soit-disant peser sur la vie privée Social Circle, une option de recherche sur les réseaux sociaux proposée par Google[xi]. Facebook ferait mieux de balayer devant sa porte…


[ii] Entretien avec l’auteur, à l’Université Stanford (Californie), le 3 novembre 2010.
[iii] Dominique Barjot, Michèle Merger, Les entreprises et leurs réseaux - hommes capitaux techniques et pouvoirs XIXe-XXe siècles : mélanges en l'honneur de François Caron, Presses Université Paris-Sorbonne, janvier 1998, p. 809.
[iv] Entretien avec l’auteur, Foster City, Californie, 5 novembre 2010.
[v] Entretien avec l’auteur, à Menlo Park (Californie), le 3 novembre 2010.
[vi] Laurence Girard, Les publicitaires tentent d’apprivoiser les réseaux sociaux, Le Monde, 27 juin 2006.
[vii] Jean-Louis Constanza, président d’Orange Vallée, La révolution des Interfaces, in La révolution numérique Nouveaux usages, nouveaux modèles, nouvelles régulations ? Les Cahiers de l’Arcep avril - mai - juin 2010.
[viii] http://technolog.msnbc.msn.com/_news/2011/02/24/6123003-burglar-who-posted-on-victims-facebook-pleads-guilty-
[ix] http://technolog.msnbc.msn.com/_news/2010/11/09/5436243-google-street-view-captures-caravan-thief
[x] Voir le site consacré à mes conférences : www.lesconfs.net
[xi] Miguel Helft, Facebook, Foe of Anonymity, Is Forced to Explain a Secret, New York Times, 13 mai 2011.

Sommaire du livre Silicon Valley / Prédateurs Vallée ?

Remerciements 

Carte de la Silicon Valley

Introduction : la Silicon Valley, une menace pour notre vie privée.
  • Les nouveaux maîtres du monde
  • Comment nous sommes devenus les esclaves d’Apple, de Facebook et de Google
  • Prochaines étapes : savoir où nous sommes et s’emparer de notre ADN
  • Il est temps de se ressaisir

Le double jeu de Google
  • Mettre la main sur les informations du monde entier
  • Google contrôle plus de 65% de la publicité en ligne aux Etats-Unis et en France
  • Zoom : les différentes formes de publicité sur les sites internet
  • Des données qui peuvent être réquisitionnées par la justice
  • Zoom : les données que vous transmettez aux moteurs de recherche
  • La dictature numérique ne fait que commencer

Facebook, le Pacman de la vie privée
  • « Atteinte à la sécurité, violation de copyright et menace pour la vie privée »
  • Le but de Mark Zuckerberg : savoir ce qui se passe dans nos têtes
  • Zoom : L’histoire tordue de Facebook
  • Le bouton « J’aime » nous suit à la trace
  • La vraie richesse de Facebook : notre social graph
  • Zoom : le scandale des jeux et des applications sur Facebook
  • Bientôt, de nouvelles formes de publicités sur Facebook

Apple ou la surveillance de nos achats
  • Le mythe Apple
  • Une cash machine
  • Le coup de génie de l’iTunes Store
  • Un système sophistiqué de recommandations
  • 200 millions de numéros ce cartes bancaires en mémoire

Jusqu’où cela ira-t-il ?
  • Collecter des informations dans la vraie vie
  • Objectif n°1 : le téléphone portable
  • La révolution du paiement sur mobiles
  • Des stratégies différentes
  • La télé sur Internet ou Internet sur la télé ?
  • Zoom : Télé sur Internet : le modèle de Netflix
  • Facebook nous repère automatiquement dans les photos
  • L’information la plus personnelle qui soit : notre ADN

Le danger : ainsi se crée un « double-numérique » de nous-même dont nous ignorons jusqu’à l’existence
  • Savoir si nous sommes de bons payeurs et, si oui, jusqu’à combien nous sommes prêts à payer !
  • Vers la manipulation politique
  • Zoom : les fichiers politiques aux Etats-Unis
  • Déformer la réalité pour mieux nous séduire.

Conclusion : Que faire ? Un seul espoir : l’éducation
  • Quand notre mémoire numérique relève des lois américaines
  • Zoom : l’opt-in et l’opt-out
  • Combien vaut notre vie privée ?
  • Un jour, il y aura une catastrophe
  • Réapprendre aux jeunes à distinguer vie privée et vie publique

Liste des personnes interviewées pour Silicon Valley / Prédateurs Vallée ?


Les personnes citées ont été interviewées soit directement pour le livre Silicon Valley / Prédateurs Vallée ?, soit dans le cadre d’enquêtes réalisées par l’auteur pour le quotidien Les Echos.

• Nadav Aharony, chercheur au MIT Media Lab, Massachusetts.
• Chris Babel, P-DG de Truste, San Francisco, Californie.
• Hélène Barrot, Communications and Public Affairs, Google France, Paris.
• Ryan Calo, responsable du projet « Vie Privée des Consommateurs », au Centre « Internet et Société », à la faculté de droit de l’université Stanford, Palo Alto, Silicon Valley.
• Patrick Chung, associé chez NEA, un cabinet de capital-risque de la Silicon Valley.
• Marie Delamarche, directrice déléguée du SRI (Syndicat des Régies Internet), Paris.
• Kelly L. Dempski, directeur, Accenture Technology Lab, San Jose, Silicon Valley.
• Edouard Dinichert , Head of Media  France, 24/7 Real Media, Paris.
• Nicolas Ducheneaut, chercheur au Parc, Palo Alto, Silicon Valley.
• Benoît Dupont, professeur agrégé à l’École de criminologie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sécurité, identité et technologie de l’Université de Montréal.
• Sébastien Etorre, directeur des opérations chez Specific Media, une entreprise spécialisée dans la publicité en ligne, Paris.
David Fewer, CIPPIC (Canadian Internet Policy and Public Interest Clinic), Ottawa.
• Jean-Michel Gadrat, président du Forum SMSC (Services Mobiles Sans Contact), Paris.
Grégory Gazagne, directeur général France et Europe du Sud de Criteo, agence spécialisée dans le retargeting, Paris.
• Harley Geiger, conseiller politique au CDD (Center for Democracy & Technology), une Organisation Non-Gouvernementale de Washington.
Bing Gordon, associé chez Kleiner Perkins Caufield & Byers, un cabinet de capital-risque de la Silicon Valley.
• Jonas Hemmingsen, président de Mediacom Nordic Group, une agence de publicité danoise (groupe WPP), Copenhague.
• Bruno Labidoire, directeur technique Europe du Sud, Informatica, Paris.
• Jérôme de Labriffe, président, IAB (Internet Advertising Board) France, Paris.
Stew Langille, directeur marketing, Mint, Mountain View, Silicon Valley.
Gwendal Le Grand, Chef du service de l'expertise informatique, CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés), Paris.
• Leif-Olof Wallin, analyste chez Gartner, un cabinet de conseils et d’études de marché américain spécialisé dans les nouvelles technologies, Göteborg, Suède.
• Alain Lévy, président, Weborama, Paris.
• Stéphane Kasriel, vice-président de Zong, une firme de la Silicon Valley spécialisée dans les paiements sur mobile.
• Randy Komisar, associé chez Kleiner Perkins Caufield & Byers, un cabinet de capital-risque de la Silicon Valley.
• Aleksandra Korolova, étudiante en doctorat d’informatique à l’université Stanford, Silicon Valley.
• Chip Pitts, avocat international, militant des droits de l’homme, enseigne les droits de l’homme et les affaires internationales à Stanford et Oxford.
• Olivier Raussin, Directeur Display & YouTube de Google France, Paris.
• Augie Ray, analyste principal chez Forrester, un cabinet de conseils et d’études de marché américain spécialisé dans les nouvelles technologies, Foster City, Californie.
• Adam Sarner, directeur de recherche chez Gartner, un cabinet de conseils et d’études de marché américain spécialisé dans les nouvelles technologies.
• Eric Smith, Assistant Director of Information Security and Networking at Bucknell University in Lewisburg, Pennsylvania, Etats-Unis.
Scott P. Sutherland, directeur du service recherche sur les entreprises cotées en Bourse chez
Wedbush Securities, une banque d’affaires de San Francisco, Californie.
• Damien Vincent, directeur commercial de Facebook pour la France, Paris.

Sources du livre Silicon Valley / Prédateurs Vallée ?


Voici l'ensemble des sources d'information* qui m'ont permis de rédiger mon enquête sur la Silicon Valley. Les numéros renvoient aux appels de note placés dans le livre.

*A l'exception des personnes qui ont, pour des raisons évidentes, demandé à conserver l'anonymat.


1           Entretien avec l’auteur, Sunnyvale, Californie, 5 novembre 2010.
6           Entretien téléphonique avec l’auteur, 5 février 2010.
7           Steve Lohr, « The Data That Turns Browsing to Buying », New York Times, 6 décembre 2009.
8           James Cowan, « Why we’ll never escape Facebook », Canadian Business magazine, juillet 2010.
9           Entretien avec l’auteur, à Menlo Park (Californie), 3 novembre 2010.
10           Entretien avec l’auteur, pour Les Échos, lors de la journée d’étude « Numérisation du patrimoine des bibliothèques et moteurs de recherche », Bibliothèque Nationale de France, 8 janvier 2010.
11           Cité par Holman W. Jenkins Jr, « Google and the search for the future », Wall Street Journal, 14 août 2010.
12           Entretien téléphonique avec l’auteur, 12 février 2011.
13           http://www.google.com/corporate/
16           Kevin, J. O’Brien, « Europe Says Search Firms Are Violating Data Rules », New York Times, 26 mai 2010, http://www.nytimes.com/2010/05/27/technology/27data.html
20           Entretien téléphonique avec l’auteur, 19 mai 2011.
22           Entretien par e-mail avec l'auteur, 10 février 2010
23           Entretien téléphonique avec l’auteur pour Les Échos, 8 février 2010.
29           Jessica E. Vascellaro, « Google Agonizes on Privacy as Ad World Vaults Ahead », Wall Stret Journal, 10 août 2010. http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703309704575413553851854026.html
30           Entretien avec l’auteur, 10 février 2011, Paris. Les responsables de Yahoo France n’ont pas répondu à nos e-mails leur demandant de confirmer – ou non – cette information.
31           Jessica E. Vascellaro, « Google Agonizes on Privacy as Ad World Vaults Ahead », Wall Street Journal, 10 août 2010. http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703309704575413553851854026.html
32           Entretien avec l’auteur, Palo Alto, 5 novembre 2010.
34           Nicolas Chapuis, « La paternité du réseau social toujours contestée », Le Monde, 14 avril 2011, p. 14.
35           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
36           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
37           Cité par Frédéric Filloux, « Facebook tisse sa toile », Le Monde magazine, 9 octobre 2010, p. 22.
38           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
39           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
40           Entretien téléphonique avec l’auteur, 18 avril 2011.
41           Entretien téléphonique avec l’auteur, 18 avril 2011.
42           Entretien avec l’auteur, Palo Alto, 5 novembre 2010.
43           Kevin J. O’Brien, « Facebook Makes Deal With German Privacy Group », New York Times, 24 janvier 2011, http://www.nytimes.com/2011/01/25/technology/25facebook.html
44           Jose Antonio Vargas, « The Face of Facebook », The New Yorker, 20 septembre 2010.
45           Entretien avec l’auteur, Foster City, Californie, 5 novembre 2010.
47           Entretien téléphonique avec l’auteur, 18 avril 2011.
48           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
50           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
52           Cité par Frédéric Filloux, « Facebook tisse sa toile », Le Monde magazine, 9 octobre 2010, p. 22.
53           Entretien téléphonique avec l’auteur, mars 2011.
55           Sid Yadav, « Social Network Ad Spending to Hit $1.7 Billion in 2010 », Venturebeat, 16 août 2010, http://venturebeat.com/2010/08/16/social-network-ad-spending-to-hit-1-7-billion-in-2010/socialnetworkingspending/
56           Emily Steel et Geoffrey A. Fowler, « Facebook in Privacy Breach », Wall Street Journal, 18 octobre 2010.
57           Emily Steel et Geoffrey A. Fowler, « Facebook in Privacy Breach », Wall Street Journal, 18 octobre 2010.
58           « Le Canada “n’aime pas” certaines fonctions de Facebook », Lemonde.fr, avec AFP, 23 septembre 2010.
59           Emily Steel et Geoffrey A. Fowler, « Facebook in Privacy Breach », Wall Street Journal, 18 octobre 2010.
60           Entretien avec l’auteur, Foster City, Californie, 5 novembre 2010.
61           Jose Antonio Vargas, « The Face of Facebook », The New Yorker, 20 septembre 2010.
62           Jenna Wortham, « Facebook Offers Local Deals for Mobile Users », New York Times, 3 novembre 2010.
63           Entretien avec l’auteur, Foster City, Californie, 5 novembre 2010.
64           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
65           http://www.apple.com/fr/privacy/
66           Propos recueillis par Emmanuel Tellier, Olivier Bomsel, Télérama 3153, 16 juin 2010, p. 20.
67           Lire par exemple, Les Secrets de présentation de Steve Jobs, de Carmine Gallo, aux éditions Télémaque.
82           Échanges d’e-mails avec l’auteur, 18 février 2011.
83           E-mails échangés avec l’auteur, 4 et 17 février 2011.
84           Discours de Steve Jobs, président d’Apple, le 2 mars 2011 (visible par exemple sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=TGxEQhdi1AQ)
86           http://www.apple.com/fr/privacy/
87           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
91           Entretien téléphonique avec l’auteur, 28 octobre 2010.
92          Entretien téléphonique avec l’auteur, 22 novembre 2004.                            
94           Entretien téléphonique avec l’auteur, 22 novembre 2004.                                 
97           Propos recueillis par Cécile Ducourtieux, « Facebook fait du téléphone mobile son axe prioritaire de développement », Le Monde, 20 novembre 2010.
98           Entretien téléphonique avec l’auteur, 28 octobre 2010.
99           Entretien téléphonique avec l’auteur, 28 octobre 2010.
105           Chiffre d’avril 2008. Source : Michaëla Bobasch, « Vigik : un système d’accès aux immeubles complexe et onéreux », Le Monde, 13 avril 2008.
106           Entretien téléphonique avec l’auteur, 26 avril 2011.
107           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, 6 avril 2011.
108           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, 13 avril 2011.
109           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, 27 avril 2011.
113           Propos recueillis par Cécile Ducourtieux, « Facebook fait du téléphone mobile son axe prioritaire de développement », Le Monde, 20 novembre 2010.
114           Enquête de Eudodata TV Worldwide (un département de Médiamétrie), citée par Guy Dutheil, « Partout à travers le monde, le temps passé devant la télévision ne cesse de s’allonger », Le Monde, 25 mars 2011, p. 19.
115           Entretien téléphonique avec l’auteur, 19 mai 2011.
116           Entretien téléphonique avec l’auteur, 19 mai 2011.
117           Colloque du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) sur les téléviseurs connectés, le 28 avril 2011, musée du Quai Branly, Paris. http://www.csa.fr/actualite/dossiers/dossiers_detail.php?id=132850&chap=3720
118           Entretien téléphonique avec l’auteur, 19 mai 2011.
120           Miguel Helft et Brooks Barnes, « Warner Tests Renting Film on Facebook for Web Cash », New York Times, 8 mars 2011.
121           Entretien téléphonique avec l’auteur, 19 mai 2011.
122           Colloque du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) sur les téléviseurs connectés, le 28 avril 2011, musée du Quai Branly, Paris. http://www.csa.fr/actualite/dossiers/dossiers_detail.php?id=132850&chap=3720
123           Entretien téléphonique avec l’auteur, 19 mai 2011.
124           Guy Dutheil, « La TV connectée à Internet, cauchemar des chaînes », Le Monde, 30 avril 2011.
127           Entretien téléphonique avec l’auteur, 18 avril 2011.
128           Entretien avec l’auteur, 10 février 2011, Paris. Les responsables de Yahoo France n’ont pas répondu à nos e-mails leur demandant de confirmer – ou non – cette information.
130           Entretien téléphonique avec l’auteur, 9 mars 2011.
131           Yves Eudes, « Le téléphone qui en savait trop », Le Monde, 10 mai 2010.
132           Échange d’e-mails avec l’auteur, dans le cadre d’un article pour Les Échos, novembre 2010.
133           Entretien avec l’auteur, pour Les Échos, Palo Alto, Californie, 5 novembre 2010.
134           Entretien avec l’auteur, pour Les Échos, Palo Alto, Californie, 4 novembre 2010.
135           Entretien avec l’auteur, pour Les Échos, San Francisco, Californie, 2 novembre 2010.
136           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, décembre 2010.
137           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, décembre 2010.
138           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, décembre 2010.
139           Entretien avec l’auteur, pour Les Échos, San Francisco, Californie, 2 novembre 2010.
140           Entretien téléphonique avec l’auteur, pour Les Échos, décembre 2010.
141           Entretien téléphonique avec l’auteur, février 2011.
142           Big Brother Awards, Zone, octobre 2008, préface, p. 7.
143           Michel Omfray, « Le catéchisme postmoderne », Le Monde, dimanche 9-lundi 10 janvier 2011, p. 26.
144           John Markoff, « Armies of Expensive Lawyers, Replaced by Cheaper Software », New York Times, 4 mars 2011, http://www.nytimes.com/2011/03/05/science/05legal.html
147           Saul Hansell, « Why PayPal Wants to Know Where Everybody Lives », New York Times, 19 juin 2009.
148           Entretien téléphonique avec l’auteur, 21 mars 2011.
149           D’après Om Malik, « Rapleaf’s Web: How You Are Profiled on the Web », 21 octobre 2010, http://gigaom.com/2010/10/21/rapleaf-web-startups/
150           Emily Steel, « A Web Pioneer Profiles Users by Name », Wall Street Journal, 25 octobre 2010.
152           Natasha Singer, « The Trouble With the Echo Chamber Online », New York Times, 28 mai 2011.
153           Entretien avec l’auteur, Palo Alto, 1er novembre 2010. Nicolas Ducheneaut s’exprimait à titre privé.
155           Entretien avec l’auteur, San Francisco, 2 novembre 2010.
156           Kevin J. O’Brien, « Facebook Makes Deal With German Privacy Group », New York Times, 24 janvier 2011, http://www.nytimes.com/2011/01/25/technology/25facebook.html
160           Entretien avec l’auteur, 10 février 2011.
163           “This site may harm your computer” on every search result?!?!
           1/31/2009 09:02:00 AM
165           Georges Duby, avertissement, p. 10, L’Histoire de la vie privée. De l’Europe féodale à la Renaissance, tome 2, sous la direction de Philippe Ariès et Georges Duby, Le Seuil, 1985.
166           Entretien téléphonique avec l’auteur, 28 octobre 2010.
167           Entretien avec l’auteur, 4 novembre 2010, Mountain View, Californie.
170           Entretien avec l’auteur, à l’université Stanford (Californie), 3 novembre 2010.
171           http://cyberlaw.stanford.edu/about
172           Expression utilisée par Nicole Aubert et Claudine Haroche, qui ont coordonné l’ouvrage collectif Les Tyrannies de la visibilité. Être visible pour exister ?, Éditions Erès, 2011.

vendredi 28 octobre 2011

Mon nouveau livre bientôt en librairie…

Le 4 novembre chez votre libraire
SILICON VALLEY / PREDATEURS VALLEY ?
COMMENT APPLE, FACEBOOK, GOOGLE ET LES AUTRES S'EMPARENT DE NOS DONNEES.

Les géants de la Silicon Valley sont véritablement en train de siphonner nos données. Plusieurs sociétés de la "Vallée des Prédateurs" s'intéressent même déjà à notre ADN... et proposent un véritable décryptage de notre génome par correspondance...
A quelles fins ?

Au cours d'une enquête minutieuse et passionnante, en Californie et en France, Jacques Henno a suivi à la trace les géants de la Silicon Valley : Apple, Facebook, Google et les autres.
Ces firmes mettent tout en oeuvre pour accumuler des informations sur chacun d'entre nous. Elles s'en servent pour nous envoyer des publicités extrêmement ciblées, nous vendre des produits ou surveiller nos achats... et du même coup garder un oeil sur notre vie privée !

Où va s'arrêter cette collecte d'informations de plus en plus insidieuse et insatiable ? Pouvons nous y résister ?
Biographie de l'auteur
Jacques HENNO est journaliste indépendant. Il a réalisé de nombreuses enquêtes sur Internet et les nouvelles technologies pour CAPITAL, WEB MAGAZINE, et pour le quotidien LES ECHOS.
http://www.amazon.fr/dp/2753301093/


http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/henno-jacques/predators-valley,29358572.aspx

jeudi 27 octobre 2011

Le Dossier Médical Personnel


J'ai publié ce matin dans le quotidien Les Echos une enquête sur le DMP (Dossier Médical Personnel), un projet lancé en 2004 et qui commence à peine à voir le jour…
«Le DMP (dossier médical personnel) est enfin une réalité : tout Français, titulaire d'une carte Vitale, peut, en théorie, demander à un professionnel de santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes, infirmiers...) de lui en créer un. C'est un service public, gratuit et facultatif : ne pas avoir de DMP ne modifie pas l'accès aux soins, ni leur remboursement. Depuis avril 2011, plus de 24.000 personnes ont demandé l'ouverture de leur dossier - dont l'auteur de ces lignes… De l'aveu même des concepteurs du système, la montée en puissance sera longue…» Pour lire la suite sur le site du quotidien Les Echos, cliquez ici :
http://www.lesechos.fr/innovation/medecine-sante/0201688922700-les-debuts-timides-du-dossier-medical-personnel-240064.php
Cet article comporte également un encadré intitulé «Ouvrir un DMP, mode d'emploi» :http://www.lesechos.fr/innovation/medecine-sante/0201688922859-ouvrir-un-dmp-mode-d-emploi-240161.php

mardi 31 mai 2011

Les zones d'ombre du paiement mobile sans contact

J'ai publié ce matin dans le quotidien Les Echos une enquête sur les dangers que représente la technologie NFC pour notre vie privée : http://www.lesechos.fr/innovation/technologies/0201402409364-les-zones-d-ombre-du-paiement-mobile-sans-contact-170568.php