mardi 29 janvier 2013

Comment savoir dans quelles catégories publicitaires Facebook vous a classé ?

"Tous Fichés" vous révèle la procédure qui vous permettra d'obtenir la liste des catégories dans lesquelles Facebook range chacun d'entre nous. Le réseau social utilise ce classement pour nous envoyer des publicités élaborées en fonction de nos soi-disant centres d'intérêts.
Voici maintenant la marche à suivre pour obtenir la liste des termes que Facebook utilise pour cibler chacun d'entre nous :
Cliquez sur la roue dentée en haut à droite de votre profil.Puis cliquez sur "Compte".



Cliquez sur "Télécharger une copie de vos données sur Facebook."

 Choisissez "Vous pouvez également télécharger une archive étendue pour voir plus d’infos sur votre compte". Facebook vous demande ensuite votre mot de passe.
Facebook vous envoie un courrier électronique quand votre archive est prête. Cliquez sur le lien contenu dans le message. Facebook vous demande une nouvelle fois votre mot de passe.



 Cliquez sur "télécharger l'archive".

Dans le dossier qui s'ouvre, choisissez "ads_topics.html"


jeudi 17 janvier 2013

Un nouvel outil sur Facebook pour fouiller parmi toutes les informations publiées sur le réseau social

Facebook a dévoilé avant-hier un nouvel outil - le graph search - qui permettra d'effectuer des recherches parmi toutes les informations déjà publiées sur ce réseau (et auxquelles nous avons accès) par nos amis, les amis de nos amis ou des inconnus.
Par exemple, lorsque nous taperons "restaurant indien à Paris", nous verrons d'abord les restaurants indiens de Paris qui ont été "aimés" (bouton J'aime de Facebook) par nos amis, les établissements où nos amis sont allés, etc.
Avec ce nouvel outil, Facebook poursuit deux buts : 

  1. nous inciter à passer toujours plus de temps sur son site, ce qui lui donne l'occasion de nous afficher des publicités ;
  2. savoir encore plus précisément ce que nous recherchons*, ce qui lui permettra d'affiner sa connaissance de nos centres d'intérêt ; et grâce à ces informations, il pourra nous afficher des publicités encore plus ciblées, car censées correspondre à nos centres d'intérêts (et si la publicité nous concerne, nous cliquons dessus et cela rapporte encore plus d'argent à Facebook). Facebook vient là mordre sur les terres de Google, qui gagnent beaucoup d'argent en affichant, en haut, ou dans la colonne de droite des pages de résultats, des publicités qui correspondent aux mots-clés que nous avons tapés dans son moteur de recherche.

*Facebook enregistre déjà les recherches que nous menons sur son site. Pour en avoir la preuve, il suffit de cliquer sur la roue dentée en haut à droite de notre profil.
Un menu apparaît. Cliquez sur Confidentialité.
Une nouvelle page apparaît. Cliquez sur Utiliser l'historique Personnel.
Une nouvelle page apparaît, qui résume tout ce que Facebook a enregistré sur nous. 

En cliquant sur la mention Plus, dans la colonne de gauche, sous la rubrique Commentaires, des options supplémentaires apparaissent. En cliquant sur Recherche vous verrez que Facebook conserve déjà en mémoire tout ce que vous avez recherché sur son site…









mardi 11 décembre 2012

Comment la biométrie va envahir nos vies


http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/technologies/0202441991488-comment-la-biometrie-va-envahir-nos-vies-519165.php
J'ai publié ce matin dans les pages Innovation Compétences des Echos une enquête sur l'avenir de la biométrie.
Les chercheurs américains, français ou japonais nous prédisent un avenir où nous serons reconnus par les capteurs biométriques (voix, empreintes...) des téléphones et des ordinateurs. Les organisations dédiées à la protection de la vie privée confirment cet engouement pour la biométrie, mais s'en inquiètent.
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/technologies/0202441991488-comment-la-biometrie-va-envahir-nos-vies-519165.php

mercredi 5 décembre 2012

Comment Facebook nous range dans telle ou telle catégorie pour nous afficher des publicités ciblées

Gary Davis, Commissaire Adjoint à la Protection des Données en Irlande, explique comment Facebook nous range dans telle ou telle catégorie pour nous afficher des publicités ciblées lorsque nous nous connectons à notre profil.

Résumé des épisodes précédents : voici déjà plusieurs mois que j'ai constaté que Facebook permettait aux annonceurs de cibler des publicités en fonction de nos centres d'intérêt supposés pour certaines pratiques sexuelles ou certaines drogues illicites (lire l'épisode 1 : Les publicités Facebook ciblent nos préférences sexuelles ! ; l'épisode 2 avec l'avis de la CNIL et de son homologue irlandais ; l'épisode 3, avec la réponse officielle, mais décevante, de Facebook, ainsi qu'une interview de Benoit Dupont, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sécurité, identité et technologie de l’Université de Montréal ; l'épisode 4 avec l'ultimatum que la CNIL irlandaise avait lancé à Facebook).

Contactées, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés), puis son équivalent (le Data Commissioner) irlandais, en charge du dossier Facebook (le siège social de Facebook Europe est en Irlande) ont confirmé qu'il s'agissait de données sensibles, dont la collecte était interdite sans le consentement express des internautes.

Dans son dernier rapport d'audit consacré à Facebook, le Data Commissioner irlandais avait donné quatre semaine à Facebook pour répondre à ces préoccupations.

La saisie d'écran ci-dessous, réalisée aujourd'hui même, prouve qu'il est toujours possible de concevoir une publicité sur Facebook ciblant les internautes en fonction de données sensibles.


J'ai sollicité une interview téléphonique avec un responsable du Data Commissioner irlandais. Gary Davis, Deputy Data Commissioner a accepté de répondre à mes questions.


Comment est-il encore possible de préparer une publicité sur Facebook utilisant des données sensibles, comme un intérêt pour certaines pratiques sexuelles ou des drogues illicites ?

Gary Davis : La position de notre organisme est très claire : les publicités ciblées utilisant les termes apparaissant dans la saisie d’écran que vous nous avez envoyée sont inacceptables. Le problème est qu’il existe des milliers de termes qui, dans certains contextes, peuvent être interprétés comme des données sensibles. Par exemple, le mot “voile” peut être anodin dans le cadre d’une page publiée par un magasin qui vend des voiles pour les bateaux ; mais il devient un terme sensible car connoté religieusement si l’on parle du “voile islamique”. Une des solutions que nous avions envisagées et dont nous avions discuté avec Facebook était la création, puis la mise à jour d’une liste noire de mots que les annonceurs n’auraient pas pu utiliser, mais, de toute évidence, cette approche était trop compliquée à mettre en œuvre, car il y aurait eu des milliers de mots concernés et ils n’auraient pas arrêté d’évoluer. Le réseau social s’est donc engagé à bloquer toute publicité utilisant des termes “sensibles”. La publicité ne sera pas affichée et Facebook entamera des poursuites contre tout annonceur qui, délibérément, n’aurait pas respecté les conditions de Facebook dans ce domaine.

Mais, normalement, Facebook devrait recueillir l’accord express des internautes avant d’utiliser des données sensibles à des fins marketing ou publicitaires ?
G. D. : Facebook regarde automatiquement les mots que nous utilisons lorsque nous mettons notre statut à jour, par exemple, puis note certains mots ou catégories pouvant servir au ciblage publicitaire. Dans ce cadre-là, il est difficile de recueillir l’accord préalable des internautes. Et, de toute façon, si Facebook respecte son engagement de bloquer et de ne pas afficher toute publicité utilisant des termes sensibles, ces données ne seront pas utilisées à des fins marketing.

Ne serait-il pas possible de demander à Facebook de révéler à tous les internautes qui le souhaitent dans quelles catégories publicitaires le réseau social les a classés ? C’est ce que fait par exemple Google avec son  gestionnaire de préférences pour les annonces : les internautes peuvent même décocher les catégories qui leur semblent inappropriées pour eux…
G. D. Les utilisateurs peuvent désormais avoir accès à ces termes, via les outils de téléchargement disponibles sur Facebook. [NDLR : voir  http://tousfiches.blogspot.fr/2013/01/comment-savoir-dans-quelles-categories.html]

mercredi 28 novembre 2012

En attendant le "droit à l'oubli", nos enfants doivent prendre un pseudonyme sur Internet et en particulier sur Facebook

La Défenseure des enfants a rejoint tous ceux qui demandent, depuis bientôt trois ans, la création d'un droit à l'oubli numérique. En attendant cette hypothétique modification de la législation, le plus simple, pour les préadolescents et adolescents qui veulent protéger leur vie privée sur Internet, est de prendre un pseudonyme. Dans leur rapport 2012 consacré aux droits de l’enfant - Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, et la Défenseure des enfants, Marie Derain, avancent dix propositions pour améliorer la protection des mineurs utilisant les nouvelles technologies. La suggestion la plus reprise par les médias est le droit à l'oubli numérique (Proposition n°3) : «Faire reconnaître aux mineurs le droit à une protection renforcée de leur vie privée – droit à l’oubli, droit au déréférencement.» Voilà plus de trois ans que je suis les aventures du «droit à l'oubli numérique», un concept inventé par deux sénateurs français (lire à ce sujet deux articles que j'ai publiés dans Les Echos : Comment effacer nos traces sur Internet ? et Droit à l'oubli : Facebook, Google et Yahoo! n'ont pas signé la charte.) Du coup, je crains  que ce droit à l'oubli ne devienne pas une réalité avant de très nombreuses années. En attendant, je conseille aux préadolescents et adolescents qui veulent s'inscrire sur Facebook de prendre un pseudonyme ! Devenus adultes, ils pourront, s'ils le souhaitent, se créer un nouveau profil sur le réseau social, avec, cette fois, leur vraie identité. Les conditions d'utilisation de Facebook interdisent, normalement, de prendre une fausse identité, mais les internautes français qui passeraient outre à cette interdiction ne risqueraient pas grand-chose : rien, dans les lois de notre pays, n'oblige à dire la vérité à un site Web. Attention, cependant, en créant son pseudonyme à ne pas usurper l'identité de quelqu'un. Mieux vaut faire fonctionner son imagination ! Grâce à ce pseudonyme, un employeur potentiel, dans quelques années, ne pourra pas retrouver le profil Facebook d'un adolescent et avoir ainsi accès à toutes les bêtises qu'il aura peut-être écrites ou photographiées, puis publiées sur le réseau social. Prendre un pseudonyme me semble tout simplement un conseil de bon sens, mais, bizarrement, il est très peu suivi : comme le rappelle le rapport 2012 consacré aux droits de l’enfant - Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique, «92 % des adolescents déclarent avoir ouvert un profil sous leur identité réelle (sans recourir à des identités de substitution ou des pseudonymes), et publient une quantité importante d’informations personnelles Attention : il faut aller jusqu'au bout de cette logique de pseudonyme. Il ne faut pas utiliser l'adresse email normale de l'enfant (qui ressemble en général à quelque chose comme : prenom.nomdefamille@fournisseurinternet.fr) mais créer une adresse email qui lui sera dédiée et qui reprendra éventuellement des éléments de ce pseudonyme (monfauxprenom.monfauxnom@fournisseurinternet.fr). Ce n'est qu'une fois devenus adultes que le jeune homme ou la jeune fille pourront utiliser leur vrai mail et leur vraie identité sur Facebook. Si l'enfant, pour son profil Facebook créé avec un pseudonyme, puis l'adulte, pour son nouveau profil, avec sa vraie identité, utilisaient la même adresse de courrier électronique, Facebook pourrait se servir de cet élément commun aux deux comptes pour faire le rapprochement et, éventuellement - on n'est jamais assez prudent avec ce réseau social -, imposer la fusion des deux profils…

lundi 19 novembre 2012

Demain soir à Valence (26) pour intervenir sur le thème «Facebook et les réseaux sociaux : amis ou ennemis des internautes et de leur vie privée ?»


Je serai demain soir, mardi 20 novembre 2012, 20H à Valence (26) pour intervenir sur le thème «Facebook et les réseaux sociaux : amis ou ennemis des internautes et de leur vie privée ?»

Avec plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde, Facebook est devenu un petit Internet à lui tout seul. Bien utilisé, c'est un formidable outil de communication. Mais c'est avant tout une entreprise commerciale qui vit de la publicité et qui n'a qu'un seul objectif : siphonner un maximum d'informations.

A l'invitation de l'Université Populaire de l'Agglomération Valentinoise.

La conférence aura lieu :

- à 20H00
- au Conseil Général de la Drôme‎, Hôtel du département
26 Avenue du Président Herriot, 26026 Valence


View Larger Map

mercredi 26 septembre 2012

Facebook dispose de quatre semaines pour revoir ses publicités ciblées en fonctions de données sensibles


Le Office of the Data Protection Commissioner, l'équivalent irlandais de notre CNIL, a donné quatre semaines à Facebook pour revoir sa politique et ses pratiques liées à l'utilisation de données sensibles à des fins publicitaires.



A la suite de la publications de mes découvertes (voir les épisodes 1, 2 et 3 de ce feuilleton) sur le ciblage que Facebook offre à ses annonceurs en fonction de nos soi-disant centre d’intérêts déclarés pour certaines pratiques sexuelles ou certaines drogues, j’avais interrogé la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), qui m'avait dirigé vers son homologue irlandais.
Au sein des CNIL européennes, le Office of the Data Protection Commissioner est en effet en charge du dossier Facebook, le réseau social ayant installé son siège social européen à Dublin.
Déjà en décembre 2011, le Commissioner irlandais avait demandé, à la suite d'un audit approfondi, à Facebook de modifier sa politique et ses pratiques en matière de publicités ciblées : en Europe, les données sensibles, comme les pratiques sexuelles, ne peuvent pas être utilisées à des fins commerciales sans que l'accord des intéressées n'ait été recueilli au préalable et de façon expresse.
Normalement, Facebook avait jusqu'en juillet dernier pour effectuer ces changements.
Le réseau social n'a pas respecté ce délai, puisque, dans son dernier rapport - de re-audit - publié vendredi dernier, le Commissioner donne encore quatre semaines à Facebook pour se conformer à ses recommandations pour l'utilisation des données sensibles à des fins publicitaires.
J'ai demandé aux représentants du Commissioner pourquoi la CNIL irlandaise était aussi indulgente avec le réseau social et quelles sanctions étaient prévues si celui-ci ne se respectait pas leurs demandes.
«Nous ne considérons pas que nous avons été indulgents avec Facebook Irlande, pour les raisons exposées dans le rapport [de re-audit], m'a répondu Catriona Holohan, du service communication du Office of the Data Protection Commissioner. Comme nous avons accordé à Facebook Irlande quatre semaines pour répondre aux préoccupations spécifiques que nous avons détaillées, il n'est pas approprié pour l'instant de lister les actions spécifiques que notre organisme pourrait prendre.»
Rendez-vous donc le 19 octobre…

Vous pouvez retrouver ici le rapport de re-audit du Commissioner irlandais. On y apprend également que Facebook a accepté de suspendre l'utilisation du taguage automatique des photos en Europe.